18/02/2005 : Création de l'OAT à 50 ans : la nouvelle frontière du marché de taux en euro

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Constatant l'intérêt croissant des investisseurs pour les placements à très long terme, l'Agence France Trésor avait demandé, le 3 février dernier, à plusieurs banques SVT de mener une étude auprès des investisseurs français et étrangers, afin d'examiner l'opportunité d'une émission d'une OAT à maturité très longue. 

A l'issue de cette étude et au vu des résultats très positifs, l'AFT a décidé de procéder à l'émission d'une OAT nominale en euros avec une maturité de 50 ans, l'OAT 2055. Cette émission se fera par syndication, dans la semaine du 21 février, si les conditions de marché le permettent. 

Le syndicat est composé des 21 SVT. 
Chefs de file : Barclays Capital, BNP-Paribas, Deutsche Bank et HSBC - CCF. 
Co-chefs de file distingués: CSFB, IXIS CIB et JP Morgan.

Bertrand de Mazières, directeur général de l'AFT, indique que "en créant une OAT à 50 ans, nous ouvrons une nouvelle frontière sur le marché des taux en euros. La demande existe de manière structurelle et ce marché va prendre toute sa place." 

Benoit Coeuré, directeur général adjoint de l'AFT, souligne que "cette nouvelle OAT s'inscrira dans le programme de financement de l'Etat, au même titre que les autres obligations d'Etat et bénéficiera des mêmes atouts de transparence et de liquidité". 

Par ailleurs, deux présentations du résultat de l'étude sont organisées pour les investisseurs, le vendredi 18 février, simultanément à Paris et à Londres. Ces manifestations sont également ouvertes aux journalistes. 

Paris : 12h30, heure de Paris, au Pavillon Gabriel (5, avenue Gabriel - Paris 75008) 
Londres : 12h30, heure de Londres, The Grocers' Hall (Princes Street - London EC2R 8AD) 

Synthèse du résultat de l'étude 

Un échantillon de 550 investisseurs représentatifs des marchés de taux fixes mondiaux a été sondé sur la faisabilité d'une nouvelle OAT 50 ans nominale. 

Les banques ont effectué un tri pour ne garder que les investisseurs connus pour être actifs sur les zones 10 à 30 ans de la courbe euro. Ce filtre supplémentaire a permis d'affiner le spectre des investisseurs ayant un intérêt potentiel pour la nouvelle émission et dont le nombre s'établit à 400. Tous les pays ont été couverts avec une répartition respectant les régions importantes et surtout les différentes catégories d'investisseurs (gestionnaire d'actifs, assureurs, fonds de pensions, banques, « hedge funds », banques centrales et corporates). 

Les investisseurs ayant manifesté un intérêt fort ou potentiel pour la transaction représentent près de 49% : 
- La répartition des investisseurs ayant un intérêt réel pour la transaction proviennent essentiellement des régions suivantes : Royaume Uni/Irlande (29%), Pays-Bas (17%), Allemagne/Autriche (16%), Italie (11%), France (10%) et Scandinavie (6%), Etats-Unis (3%). 
- La répartition par type démontre une demande dynamique de la part de toutes les catégories d'investisseurs avec les gestionnaires d'actifs (48%), les banques (21%), les assureurs (13%), les fonds de pensions (11%), les banques centrales (3%), les « hedge funds » (2%) et les « corporates » (2%). 
- La demande est importante et récurrente. Pour 71% des investisseurs leur intérêt ne se limitera pas à cette seule émission. 
- Pour un grand nombre d'investisseurs, la liquidité joue un rôle important et 74% d'entre eux souhaiteraient une taille de référence lors du lancement. 
- Si cette obligation était émise, de nombreux investisseurs souhaiteraient qu'elle figure dans les principaux indices. 

Les principaux facteurs objectifs structurels justifiant une nouvelle OAT nominale à 50 ans sont les suivants : 

- Vieillissement de la population (baisse de la population active, hausse des dépenses de santé, baisse des actifs d'où une croissance potentielle moindre, besoin d'épargne accru). 
- Besoin de produits d'investissement long des fonds de retraite / fonds de pension. 
- Déséquilibre entre l'offre et la demande d'instruments de taux fixe de très bon crédit, alors que la majeure partie des émissions des Etats souverains d'Union Européenne se concentre sur la partie de 10 ans ou moins (émissions souveraines à plus de 10 ans seulement 22%). 
- Les nouvelles règlementations comptables et prudentielles qui renforcent l'attention portée à la valeur de marché des engagements à très long terme notamment pour les fonds de pension et les compagnies d'assurance. 

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Corinne Dromer 
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